Chronique littéraire

Chronique Littéraire: Le quatrième Mur de Sorj Chalandon

Bonjour à tous! Voici une nouvelle chronique littéraire sur le roman de Sorj Chalandon, journaliste pour la Canard Enchaîné, Le quatrième Mur. J’ai eu du mal a le lire, à rentrer dans l’histoire mais je suis contente d’avoir été jusqu’au bout! 

54514190_361766691091315_8072614405491130368_n.jpg

“L’antinationnaliste c’est le luxe de l’homme qui a une nation”.

L’histoire se déroule d’abord à Paris après la Seconde Guerre Mondial. George est un metteur en scène qui se bat pour les opprimés, contre l’injustice. Le théâtre est pour lui son arme de dénonciation, de combat. Un lieu de résistance. Il va essayer de réaliser le rêve de son ami, Samuel Akounis, de jouer  Antigone de Jean Anouilh dans un pays en guerre. Les acteurs sélectionnés sont de religions différentes et il n’est pas facile de les faire voyager en zone de guerre. Mais Beyrouth se fait bombarder et est envahit par les opposants israeliens. 

Le quatrième mur est un terme de théâtre, c’est un mur imaginaire que se créer les acteurs pour ne pas voir le public. Il se trouve entre la fin de la scène et le début de la salle. La frontière du réel.

Pendant son voyage, Georges fait face à la triste et cruelle réalité de la guerre. Des villages décimés et des cadavres piégés pour quiconque les déplaceraient ou voudrait les enterrer. Ce qu’Antigone ferait évidemment. Par ailleurs ce n’est pas simplement un massacre car les victimes (homme, femme, enfant) ont étés torturé, violé et écartelé aussi. Cette partie était assez dure à lire. 

Dans la première moitié du livre, chapitre après chapitre il raconte les histoires d’hommes et de femmes qui se sont battus pour leurs convictions. Des ouvriers, des femmes sous payés, des émigrés, etc. On remarque que ce sont ces problèmes qui persistent encore aujourd’hui. Chaque chapitre porte le nom d’une de ces figures emblématiques. Ces derniers décrivent les évènements qui font de lui ce qu’il est. Dans cette partie du livre, on retrouve une trace de l’histoire française date par date (grèves, révolutions notamment pour les congés payés). C’est un souvenir de l’histoire, pour qu’on n’oublie pas que des gens se sont battus pour nos droits, et de ne rien prendre pour acquis.

Autant j’ai trouvé une bonne partie du livre ennuyante et j’ai crus que jamais je  n’aurais le courage de finir le livre, autant je suis contente de l’avoir fait. Toute la partie du voyage de George au Liban est très intéressante. On y découvre leur quotidien, et le contraste avec celui d’un homme blanc venu de l’Occident. Il y a certains passages vraiment horribles, mais sans grande surprise car on est quand même au cœur de la guerre. Il y a tellement de détails que l’on s’y croirait presque. C’est d’ailleurs un des points forts (et faible à certains moments) de l’auteur. Il essaye de décrire les scènes au maximum, au plus proche de la réalité. 
Le point faible c’est que certains passages, moins intéressants, n’ont pas forcément besoin d’être aussi détaillé, de plus ça rend les choses difficiles à lire.

L’auteur a un style d’écriture particulier, il fait des comparaisons et des allusions sans cesse. Je trouve que ce n’est pas fluide et assez difficile à lire. De plus il y a très peu de dialogue car les questions/réponses sont écrites du point de vue de Georges, et c’est parfois un peu monotone.  

Ce voyage a changé le personnage principal à jamais. Son retour à Paris est extrêmement difficile. Les rires dans l’aéroport « l’écoeure ». Il passe de la guerre, des massacres, le bruit des bombardements à la vie « banale » qu’offre Paris, où les gens rient en terrasse de cafés. Il n’a plus aucun intérêt pour sa vie, et est obsédé par ce qu’il se passe à Beyrouth. C’est un homme perdu et brisé. La guerre l’a brisé et a brisé sa famille. Georges a du mal à comprendre que l’on peut se battre pour ses idées et vivre une vie de plaisir en même temps. Pour lui, s’amuser, le sport, et autres est futile face à la souffrance des oppressés. Par exemple il ne comprend pas que sa fille de 3 ans puisse pleurer pour de la glace alors qu’il a vu des bébés massacrés, qu’il y a des problèmes plus graves dans la vie. L’auteur veut nous montrer que l’on ne se rend pas toujours compte de ce que l’on a. 

La pièce a pour but de créer un cessez-le-feu de quelques heures et de faire participer à un même projet des personnes de religions et de pays différents qui sont ennemis. Ce qui est intéressant c’est de voir les diverses appropriations de la pièce par les acteurs. Lorsque les acteurs se rencontre pour la première fois, ils découvrent les mœurs/coutumes des autres personnes avec qui ils sont en guerre. Car en faite ils ne connaissent rien des uns et des autres hormis le fait qu’ils soient en guerre.  Or le but est justement de donner une chance à des ennemies de se parler. Mais lorsque les bombardements ont commencé, chacun est reparti d’où il venait, les bombardements ont fermé tous les accès pour se déplacer, les condamnant à rester dans leurs quartiers respectifs. Ils se retournent tous les uns contre les autres, chacun défendant son peuple. L’auteur a choisi cette pièce en particulier car elle parle de Terres et de fierté. 

La toute fin du livre est rédigé comme une pièce de théâtre avec les noms des personnages, les dialogues et finalement, la tirade par Le chœur, rôle que de devait jouer Georges dans Antigone. J’ai trouvé ça vraiment bien de finir sur cette note, qui rappelle la pièce dont on parle depuis le début du roman.

Un passage que je retient et qui m’a fait me poser beaucoup de questions, c’est que selon George, un porteur de coup ne peut dénoncer le coup reçu en retour. Dans une manifestation, chacun a les mêmes armes de chaque côté et défend ses idées. Aussi, on ne peut blâmer  ni traiter d’injustice/barbarie ceux qui ont répondu aux coups.

En conclusion, je recommande ce livre, bien que difficile à lire au début. On finit par s’habituer au style de l’auteur au bout d’un moment!  On se perd également avec tous les camps qui s’opposent et qui sont en guerre les uns contre les autres. Mais l’auteur a voulu faire passer pleins de messages importants à travers ce récit, qu’il est primordial de ne pas oublier et qui sont très intéressants à méditer. Des gens se sont battus pour nos droits, et rien n’a été acquis en un claquement de doigt. Par ailleurs, cela montre bien l’horreur qui se passe au Moyen-Orient.

 

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s